"Nothing lasts forever" n’est pas une constatation mélancolique, mais une célébration. Celle de ce qui s’efface et qui, pourtant, laisse une empreinte durable : dans la ville, dans la culture, dans nos regards.
En confrontant leurs univers, JC Earl et Remio rappellent que la force d’un art ne se mesure pas à sa durée, mais à son intensité. Et même si rien ne dure, certaines œuvres, certains gestes, certaines obsessions… nous hantent pour toujours.
JC Earl
Dans son atelier de banlieue parisienne, JC Earl s’attache à figer ce qui ne dure pas. Ses sculptures en bois et en céramique redonnent corps aux bombes de peinture, objets devenus mythes. Entre textures brutes et couleurs pop, il érige ces outils en reliques, en artefacts d’un panthéon urbain. Chaque pièce condense une époque, une marque, un geste comme si la mémoire du graffiti pouvait être sculptée. Ses références vont de Roy Lichtenstein aux codes publicitaires des années 70, qu’il détourne pour transformer la bombe de peinture en icône intemporelle.
REMIO
Figure majeure du graffiti contemporain, Remio conçoit la création comme un état de grâce spontané. Sur papier, toile ou céramique, il laisse surgir un univers instinctif où sa lettre fétiche le R devient personnage, totem, icône. Le geste est essentiel : chaque bombe, chaque trait, chaque choix de couleur procède d’une intuition immédiate, presque rituelle. Puisant dans l’énergie brute du tag, il fait émerger une poésie visuelle nourrie par ses souvenirs, les dessins animés, les masques et les matières patinées par le temps.