"Nothing lasts forever" nest pas une constatation mélancolique, mais une célébration. Celle de ce qui sefface et qui, pourtant, laisse une empreinte durable : dans la ville, dans la culture, dans nos regards.
"Nothing lasts forever" explore la beauté de linstant, la fragilité de la trace, et lobsession célébrée par ces deux artistes pour qui, ce qui disparaît les marque à jamais. Leur graffiti est un art précaire : exposé aux intempéries, aux effacements, il vit dans la tension permanente entre apparition et disparition. Cest précisément cette dimension éphémère qui inspire JC Earl et Remio, les poussant à inventer des formes nouvelles tantôt durables, tantôt fugitives pour donner corps à une mémoire urbaine. Leur collaboration prend racine en 2020. Deux parcours, deux histoires, et pourtant une même énergie créatrice.
 

En confrontant leurs univers, JC Earl et Remio rappellent que la force dun art ne se mesure pas à sa durée, mais à son intensité. Et même si rien ne dure, certaines œuvres, certains gestes, certaines obsessions… nous hantent pour toujours.

 

JC Earl, quant à lui, est profondément attaché à Paris et à sa banlieue, où il développe depuis plusieurs années un atelier de céramique qui explore les formes et les textures de la mémoire urbaine. Lorsque Remio sinstalle à Paris, leurs chemins se croisent. Très vite, il fréquente latelier dEarl, et ce qui n’était dabord que des échanges se transforme en créations partagées. Leur amitié devient moteur, donnant naissance à un dialogue artistique où leurs styles, leurs couleurs et leurs univers se rencontrent et senrichissent mutuellement comme une évidence.
Remio, originaire dEurope du Nord, a longtemps vécu en Californie, où il a façonné son univers au croisement du graffiti, des contre-cultures et des sports de glisse.
 

JC Earl

Dans son atelier de banlieue parisienne, JC Earl sattache à figer ce qui ne dure pas. Ses sculptures en bois et en céramique redonnent corps aux bombes de peinture, objets devenus mythes. Entre textures brutes et couleurs pop, il érige ces outils en reliques, en artefacts dun panthéon urbain. Chaque pièce condense une époque, une marque, un geste comme si la mémoire du graffiti pouvait être sculptée. Ses références vont de Roy Lichtenstein aux codes publicitaires des années 70, quil détourne pour transformer la bombe de peinture en icône intemporelle.

 

REMIO

Figure majeure du graffiti contemporain, Remio conçoit la création comme un état de grâce spontané. Sur papier, toile ou céramique, il laisse surgir un univers instinctif où sa lettre fétiche le R devient personnage, totem, icône. Le geste est essentiel : chaque bombe, chaque trait, chaque choix de couleur procède dune intuition immédiate, presque rituelle. Puisant dans l’énergie brute du tag, il fait émerger une poésie visuelle nourrie par ses souvenirs, les dessins animés, les masques et les matières patinées par le temps.